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Dans l'Etat le plus obscurantiste du monde
By Yasmina17 - Posted on 19 décembre 2009   
Giovedì 16 Giugno 2011 15:48

 

 

En décembre 2007, on apprenait que la « fille d'Al Qalif » avait finalement été graciée. Cette jeune femme de 19 ans avait été enlevée et violée par sept hommes. Comme elle se trouvait, lors de l'agression, avec un autre homme que son mari, elle fut condamnée en octobre 2006 à 90 coups de fouet. La jeune femme décida de faire appel, et fit part de cette injustice à une organisation internationale de défense des droits humains... si bien qu'en novembre 2007, le Tribunal d'Al Qalif aggravait la peine pour la porter à 200 coups de fouet et six mois de prison. L'avocat, accusé par les religieux du tribunal d'avoir parler de cette histoire à l'étranger, n'eut pas le droit d'assister à l'audience. L'indignation que cette condamnation a provoqué dans le monde et les campagnes menées par des organisations de défense des droits humains ont finalement permis la grâce de la jeune fille. Si l'histoire de la fille d'Al Qalif s'est terminée par une victoire face à l'arbitraire et au sexisme du régime saoudien, elle est aussi une illustration de l'oppression atroce que vivent les femmes de cette pétro-monarchie de la péninsule arabique.

Un régime d'apartheid sexiste
Si dans tous les pays du Moyen-Orient, les femmes subissent, en plus des violences masculines, des législations discriminatoires, l'Arabie Saoudite reste l'Etat le plus réactionnaire concernant les droits des femmes. Avec 5% seulement de femmes dans la population active, il s'agit du taux le plus bas au monde de femmes salariées. Les femmes n'ont pas le droit de conduire, et n'ont encore pas pu exercer le droit de vote.
Dès leurs premières règles, les femmes doivent se couvrir de l' « abaya », un voile et une robe noirs qui les couvrent entièrement, sorte de linceul permanent qu'elles garderont toute leur vie. De l'école aux lieux de travail en passant par les restaurants, les femmes sont séparées des hommes. L'exemple de la fille d'Al Qalif rappelle d'ailleurs l'interdiction qui est faite aux femmes de rencontrer d'autres hommes que leurs époux ou membres masculins de la famille. Ce véritable apartheid sexiste est tel qu'en mars 2002, un incendie dans une école de jeunes filles à la Mecque s’était soldé par la mort de quinze filles, les gardiens de la vertu (police religieuse) refusant de les laisser sortir dévoilées du brasier, interdisant l’accès aux pompiers et repoussant même dans les flammes celles qui cherchaient à franchir la porte en l’absence de leurs tuteurs mâles.
Ces gardiens de la vertu disposent de centaines de locaux et de moyens informatiques modernes pour contrôler la population, en particulier la stricte séparation entre les sexes et l'observation des règles religieuses.

La femme éternelle mineure... soumise aux lois tribales et patriarcales
Selon la législation saoudienne, la femme, exclue de la vie sociale, est une mineure à vie. L'exemple de la fille d'Al Qalif montre combien il est risqué pour une femme de porter plainte pour viol, et on pourrait ajouter qu'en plus des peines prononcées par les tribunaux, les femmes violées peuvent aussi être victimes de meurtres d'honneur, ces assassinats commis par les hommes de la famille lorsqu'une femme est accusée d'avoir « souillé l'honneur de la famille » (généralement lorsqu'elle est soupçonnée d'avoir eu des relations sexuelles «illicites», y compris en cas de viol ou d'inceste). De plus, selon la législation saoudienne, une femme ne peut témoigner devant un tribunal, et si elle le fait, sa parole est considérée comme une simple présomption. Dans ce contexte, les pires violences peuvent s'exercer en toute impunité contre les femmes. Ainsi, le quotidien Arab news relevait en décembre que deux fillettes, âgées de 13 et 11 ans, ont été transférées dans un hôpital après avoir été violées par leur frère. Elles y sont restées onze jours, mais les examens nécessaires pour l'inculpation de leur agresseur n'ont jamais été fait, les médecins ayant pour cela besoin d'une autorisation de leur père.
Les femmes n'étant considérées que comme des simples possessions de leurs familles, elles n'ont pas aucun droit d'êtres humains, pouvant être échangées comme ce fut le cas par exemple entre deux hommes d'affaires de 70 ans qui ont scellés leur alliance commerciale en s'offrant mutuellement leurs filles âgées de 17 et 19 ans. L'un des deux hommes avait alors déclaré à la presse : « Je n'ai rien demandé à ma fille. Je n'ai pas à le faire. Je sais ce qui est bon pour elle.1» Même emprisonné, un tuteur conserve son pouvoir absolu sur sa fille. Il y a quelques mois, un homme emprisonné avait décidé d'offrir sa fille de 16 ans en mariage à un codétenu. L'administration pénitentiaire avait alors fait en sorte que le prisonnier puisse disposer d'un « lieu privé » pour consommer le mariage. On peut aussi citer le cas de Fatima, une femme de 34 ans, mère de deux enfants. En décembre 2005, un tribunal du nord de l'Arabie Saoudite avait prononcé son divorce, contre sa volonté et celle de son mari. Son demi-frère avait en effet saisi la justice pour dissoudre le mariage après s'être aperçu que l'époux était issu d'une tribu au statut moins élevé que la sienne. Cet exemple montre que si le régime saoudien justifie l'apartheid sexiste par les stricts principes de la secte wahhabite (une des lecture les plus strict et réactionnaire de l'islam), il se base aussi sur des principes féodaux et tribaux bien plus anciens que la religion musulmane elle-même. Craignant d'être victime de violences si elle est renvoyée chez son demi-frère, Fatima est actuellement en prison.
Les exemples de la fille d'Al Qalif ou de Fatima sont exceptionnels, non pas par leur violence, mais parce que ces deux femmes ne se sont pas laissées faire et ont fait connaître leurs histoires. Face à la violence de cette oppression, il n'y a finalement rien d'étonnant que bien des saoudiennes ne voient pas d'autres issues que la mort. Une étude publiée en décembre 2007 par Saloua al Khatib, chercheuse à l'Université du roi Saoud, montre ainsi que 96% des tentatives de suicide sont faites par des femmes. Le suicide étant tabou dans cette société religieuse, il s'agit d'une des premières études sur le sujet. Le nombre de femmes hospitalisées suite à une tentative de suicide est passé de onze à seize par mois de 2006 à 2007 à l'hôpital central de Riyyad. «La différenciation faite entre les hommes et les femmes d'une même famille contribue à accroître la pression. Les hommes grandissent dans l'idée qu'ils sont supérieurs et méprisent pour la plupart le genre féminin. Ils développent des comportements violents pour exprimer leur pouvoir sur elles», explique la chercheuse. Une employée de l'hôpital de Riyyad se souvient d'une jeune femme de 20 ans qui «a tenté de se taillader les poignets après quelques mois de mariage (...) parce que ses parents l'avaient forcée à épouser un septuagénaire.» Si des réactionnaires cherchent à justifier l'oppression des femmes au nom des « différences culturelles », on voit bien par ces suicides à quel point les femmes d'Arabie Saoudite souffrent de cette oppression.

La complicité des dirigeants impérialistes
Après que les troupes de l'OTAN aient pris Kaboul, Georges Bush affirmait «aujourd'hui les femmes d'Afghanistan sont libres ». Dans ce pays ravagé par la guerre, les impérialistes et les fondamentalistes, où des dizaines de femmes s'immolent chaque jour par le feu pour fuir l'oppression et la violence, cette phrase montre toute l'hypocrisie de l'impérialisme. Pas plus en Afghanistan qu'en Irak, ou demain en Iran, l'impérialisme n'a permis l'émancipation des femmes. Quant à l'Arabie Saoudite, cette prison à ciel ouvert pour les femmes, il s'agit d'un des meilleurs alliés de l'impérialisme dans la région. On se souvient de Laurence Parisot et Bernadette Chirac revêtues de tchador pour aller défendre les intérêts des capitalistes français avec les seigneurs féodaux de cet Etat obscurantiste. Et le 21 juin dernier, c'est en grande pompe que Sarkozy, Fillon et Kouchner ont reçu le roi Abdallah. Décidément, les femmes d'Arabie Saoudite, comme celle de toute cette région du monde, n'ont rien à attendre des impérialistes occidentaux qui peuvent parler de « démocratie » et même de « droit des femmes » pour justifier leurs guerres tout en embrassant les pires tyrans.
Dans cette monarchie féodale, toutefois, des femmes commencent à s'organiser. La fille d'Al Qalif et Fatima sont deux exemples de femmes qui se battent face à l'oppression. En septembre, plus d'un millier de saoudiennes ont signé une pétition pour avoir le droit de conduire, les plaintes contre les violences des milices de la vertu se multiplient. Le journal Ashqar al-Aswat rapporte même qu'en septembre deux miliciens de la vertu ont été « agressés » par deux jeunes filles sur un marché de Khobar alors que les deux défenseurs de l'ordre moral médiéval s'apprêtaient à les interpeller pour leur tenue jugée « immodeste ».
Il ne s'agit, certes, pour l'instant que d'actes isolés, mais si elles ne peuvent compter sur les impérialistes, les femmes d'Arabie Saoudite pourront, par contre, s'appuyer sur les autres luttes des opprimés, et en particulier de la classe ouvrière, pour briser la monarchie obscurantiste des Saoud. Comme dans les autres monarchies de la péninsule, une grande partie de la classe ouvrière est immigrée (50% de la population active saoudienne est composée de travailleurs immigrés), sans droits et soumise à la plus dure exploitation capitaliste. Fin décembre, 246 chauffeurs de bus de la compagnie Al-Bassami, après dix jours de grève, ont ainsi été expulsés vers le Pakistan. Quant aux femmes immigrées, si les ouvrières du nettoyage des hôpitaux travaillent douze heures par jour, celles qui sont employées domestiques subissent souvent en plus les violences sexuelles de leurs patrons. Dans les Emirats Arabes Unis voisins, 30.000 ouvriers immigrés du bâtiment, eux aussi sans aucun droit, ont su tenir tête pendant deux semaines aux seigneurs féodaux et même à les faire reculer sur certaines revendications. Ils ont ainsi montré la puissance de la classe ouvrière, une puissance qui pourra ébranler demain l'ensemble de l'ordre capitaliste, y compris ses régimes les plus obscurantistes. 

 

Appuntamenti

RICONOSCIMENTO, TRA LOGOS E IMMAGINE, convegno filosofico a cura di IISF Scuola di Roma e Archivia - Casa Internazionale delle Donne, a Roma il 22-23 maggio

Il SILENZIO, Compagnia Teatro della Fede, carcere di Venezia il 14 maggio, carcere di Taranto il 20 maggio, uniche spettatrici le detenute  

MOSTRA STORICA UNIONE FEMMINILE NAZIONALE (1899-2012), a Milano, inaugurazione il 15 maggio presso Unione Femminile


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