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 Tunisia, Campo di Ras Jedi. Donne somale prenti di rifugiati
Cosa succede nelle società del Magreb e del Maskrek da mesi teatro della protesta che ha visto milioni di cittadini e cittadine superare la paura dei dittatori e degli apparati di sicurezza che, da decenni, soffocavano brutalmente qualsiasi denuncia di malcontento e aspirazione alle libertà democratiche? La domanda circola in internet, insieme ad una certezza : la rivolta popolare ha spazzato via «le repubbliche della paura » e indietro non si può tornare. « Dobbiamo proteggere la nostra primavera », scrive Amina da Tunisi, nel suo blog Intanto, nel paese la transizione resta caotica, mentre al confine con la Libia si accalcano migliaia di lavoratori stranieri cacciati dal regime, e in Egitto non si sa quale svolta prenderà il Consiglio supremo delle Forze Armate che pare ormai esercitare direttamente il potere. Pubblichiamo l’intervento presentato da Neila Jrad, tunisina, presidente dell’AFTURD, Association Femmes Tunisiennes pour la Recherche et la Documentation, alla Convention internazionale promossa recentemente a Roma dal Dipartimento Diritti e Pri Opportunità dell’Associazione Stampa Romana…
Nous vivons en Tunisie, depuis le 14 janvier où la volonté populaire a pu avoir raison du dictateur Ben Ali , dans une atmosphère d’ébullition et de confusion qui, en dépit des excès qu’elle provoque, fait aussi émerger de multiples espoirs. Depuis cette date, la république démocratique dont nous avons rêvé depuis tant d’années, pour laquelle hommes et femmes se sont engagés dans le combat politique et démocratique et pour laquelle sont morts, plusieurs dizaines de jeunes tunisiens, semble à portée de main. Mais de nombreux obstacles et dangers pèsent aujourd’hui sur les stratégies pour parvenir à cette république tunisienne démocratique. Durant tout le processus révolutionnaire, Les femmes ont été très actives dans les syndicats, les associations, les partis politiques, dans les manifestations, les grèves et les sit in. Le role joué par les femmes de tous âges et particulièrement les jeunes dans le mouvement, est-il la preuve de l’évidence pour tous de leur citoyenneté et signifie-t-il qu’elles bénéficient des memes droits que les hommes ? Quelques indicateurs montrent le contraire. Il n’y a que deux femmes ministres dans le gouvernement de transition actuel, au traditionnel ministère de la femme et, chose nouvelle, au ministère de la santé. Dans les discours prononcés depuis le 14 janvier, les débats organisés par les chaines de télévision, les conférences de presse, la question des droits des femmes n’a jamais été posée... Quand il s’est agi d’organiser les comités de quartier, les femmes n’ont pas été sollicitées ou très peu alors qu’elles ont montré leur détermination et leur courage dans les autres mouvements en particulier dans la rue. Par contre, elles ont subi des violences policières spécifiques dans les manifestations ( tirage de cheveux, insultes à caractère sexistes, attouchements grossiers, on a même parlé de viols ), dans les postes de polices et même dans les maisons dans lesquelles se sont introduits, dans certaines régions du pays, les forces de la répression de l’ancien régime. Mais de ces violences particulières qui se sont exercées sur les femmes parce qu’elles sont des femmes nul n’a parlé. Elles se sont trouvées noyées au sein des violences générales subies par tout le peuple tunisien durant plus de trois semaines. Pourtant, dans cette révolution qui fut celle de la révolte contre l’atteinte à la dignité humaine, ces atteintes à la dignité des femmes méritaient largement d’être signalées. Malgré leurs luttes, leur présence sur la scène politique, leur courage et leur combativité, les femmes se trouvent encore une fois marginalisées sur la scène politique. En nombre et en prise en compte de leurs aspirations à une égalité réelle. Cette marginalisation se trouve confirmée par les réponses que nous recevons lorsque nous remarquons la faible présence des femmes au gouvernement : on verra après nous dit-on ; lorsque nous voulons nous retrouver pour réfléchir sur le sens à donner à cette république démocratique en projet et sur le rôle que les femmes peuvent y jouer pour qu’elle leur garantisse l’accès une citoyenneté pleine et entière : nous nous entendons dire, et parfois même par des femmes, que ce n’est pas le moment.
Cela est d’autant plus surprenant et alarmant que l’on sait que Bourguiba, au lendemain de l’Indépendance, a considéré comme une priorité absolue d’établir des ruptures avec le passé en ce qui concerne le statut des femmes dans la société : le Code du Statut Personnel ( Code de la famille tunisien) promulgué en 1956, tout de suite après l’Indépendance, et qui donnait aux femmes certains droits ( droit au divorce, recul de l’age du mariage, abolition de la polygamie)éléments d’émancipation appréciables pour l’époque, est le premier code de la jeune république tunisienne. Il a été proclamé avant meme la proclamation de la Constitution. C’est dire à quel point Bourguiba avait compris que le statut des femmes dans une société est, plus que tout autre, un indicateur pertinent du degré de modernité de cette société. C’est d’ailleurs ce statut des femmes tunisiennes entre autre que les états européens n’ont arrêté de mettre en évidence pour s’aveugler sur les excès dictatoriaux de Bourguiba, Ben Ali et de leur régime. Or aujourd’hui, il faut le dire clairement : il n’y aura jamais de démocratie réelle en Tunisie, comme dans tout autre pays aussi, sans égalité totale des droits des hommes et des femmes. Les Associations autonomes des femmes, Association Tunisienne des femmes démocrates (ATFD)et Association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement (AFTURD), comme les féministes de la Ligue des droits de l’Homme, du Parti Ettajdid ( ex Parti Communiste) et des féministes indépendantes ou simplement des femmes de toutes catégories sociales décidées à défendre leurs droits, ont vite compris que cette lutte pour l’égalité devait passer par leur mobilisation pour l’obtention de l’égalité totale et effective des droits. Et cette mobilisation a donné lieu depuis quelques semaines à de nombreuses rencontres entre les différents groupes femmes qui envisagent de présenter un manifeste des droits des femmes à l’occasion de la journée Internationale de la femme, de mobiliser les associations, les partis politiques et l’opinion éclairée en général autour de la défense de leurs droits. Cette égalité des droits doit aujourd’hui figurer dans la nouvelle Constitution de l’Etat tunisien, estiment les groupes femmes ainsi que doit etre adopté le principe de la laicité : celle-ci, en séparant le politique du religieux, est le meilleur garant, le meilleur garde fou pour sauvegarder non seulement les acquis des femmes mais développer leur droits dans le sens de l’égalité totale et effective, sans interférence aucune avec la religion musulmane qui est une affaire privée. Ainsi est-il nécessaire d’effacer de la législation tout ce qui, de la loi musulmane, la traverse encore et en particulier l’inégalité dans l’héritage qui ne donne aux femmes qu’un tiers de l’héritage octroyé aux hommes, et ce en conformité avec la loi musulmane. Cette laicité qui passe aussi par la reformulation de l’article 1 de la Constitution tunisienne qui stipule l’Islam comme religion d’état, en reformulant cet article dans le sens de la laicité permettrait au gouvernement de lever les réserves sur la CEDEW : ces réserves sur la CEDEW sont toutes justifiées par le respect de l’article 1 de la Constitution et par le rejet de tout ce qui entre en contradiction avec cet article. C’est dire donc que les droits des femmes en pays musulman et en Tunisie ne peuvent évoluer tant que la loi musulmane régit les droits des femmes .
Aujourd’hui, avec la légalisation du parti Islamiste Ennahdha – le Renouveau – et la présence de petites formations politiques islamistes plus radicales comme le Parti Ettahrir, de la Libération, la propagande islamiste peut gagner du terrain d’autant que les mentalités rétrogrades et les archaïsmes sociaux à l’égard des femmes sont loin d’avoir disparu. Ainsi, avec la crise économique et la montée effarante du chômage, particulièrement chez les jeunes diplômés, il est assez fréquent d’entendre expliquer le chômage des hommes par le travail des femmes. Par ailleurs, l’instauration de la mi-temps pour les femmes tend à les retirer du marché du travail et le taux de la population active féminine a peu augmenté en Tunisie depuis 2006 – stabilisé autour d’environ 24%, ce qui ne représente qu’1/4 de la population active totale - alors qu’il a augmenté sensiblement pour les hommes. Par ailleurs, on constate au contraire un repli des femmes travailleuses vers le travail informel précaires où elles sont surexploitées et ne bénéficient que de peu de droits. Un danger menace donc les droits des femmes et leur statut dans la société du fait même de la présence sur la scène politique de partis à référents religieux qui, bien que se présentant actuellement sous un jour de démocrates bon teint ont toutefois la caractéristique de ne pas considérer que les femmes ont les mêmes droits que les hommes, leur droit à la liberté étant régi par la religion musulmane. Plus grave encore, ces partis peuvent trouver une assise populaire qui puise sa source dans la misogynie ambiante et dans les conceptions rétrogrades de la place des femmes dans la société. Ils peuvent donc constituer un frein au développement des droits des femmes dans le sens de l’égalité totale. C’est pourquoi il convient de définir les contours de cette république démocratique que nous voulons. La Commission chargée de la réforme politique créé après le 14 janvier aura cette tache avec les organisations de la société civile et les représentants des partis politiques. Les femmes ont un rôle fondamental à jouer dans cette réforme politique pour défendre leur droit à la citoyenneté, à la liberté et à l’égalité et avec elles tous ceux pour qui la démocratie est inséparable de la rationalité et de la modernité dans lesquelles elle puise ses sources et ses valeurs. Il est fondamental pour la démocratie politique mais aussi sociale que l’état démocratique à venir ne soit le monopole ni d’un parti ni d’une religion, que la république soit à la fois démocratique et laïque. La construction de la démocratie en Tunisie a déjà commencé. Elle ne doit se faire ni sans les femmes ni contre les femmes mais avec les femmes dans le cadre de la préservation des droits acquis et du développement de ces droits vers une égalité totale et réelle. Cela est fondamental même si nous traversons une zone de turbulence conséquence des décennies d’autoritarisme et de dictature que nous avons subies. Plus encore, c’est justement parce que nous traversons cette zone de turbulence que nous devons définir clairement le projet politique et social que nous voulons et qui doit être basé sur la justice sociale et l’égalité entre tous et toutes, pour tous et toutes, fondement d’une véritable démocratie.
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